• Miso Soap
    Miso Soap
    2018-03-28

    Salve. Il y a des moments propices pour toutes "les oeuvres de l'esprit" des moments, des périodes,où l'on est plutôt disponible à des oeuvres "complexes" et d'autres à des oeuvres plus légères. Ce qui est évident aussi (enfin pour moi) c'est qu'il est intéressant de revenir sur l'oeuvre à d'autres époques de sa vie et ainsi découvrir (redécouvrir) ce qu'on n'avait pas perçu avant. En même temps, plus ça va, plus les oeuvres dépendent d'une logique marchande main stream soutenue par les réseaux de distribution et mis en avant par les médias. Miser aujourd'hui sur du cinéma expérimental, voire même simplement d'art et essai est un pari risqué que très peu de producteurs s'aventurent à faire. Donc gardons bien au chaud nos vieux bouquins et notre vidéothèque ;-)

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  • Colin
    Colin
    2018-03-28

    @Miso Soap Tu veux dire que si les livres demandent en apparence plus d'effort c'est parce que la littérature de manière générale est plus ouverte aux œuvres compliquées ou dures ?

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  • Ful gurance
    Ful gurance
    2018-03-28

    J'ai l'impression surtout que les livres représentent un certain type de #culture qui est plutôt dominant au sein de la société : des Balzac, des Hugo, etc., tandis que le dernier Call of Duty qui vient de sortir n'est qu'assez peu dominant au sein de la #culture-légitime... Les codes nécessaires pour déchiffrer ces deux types d'oeuvres (lire & jouer) renvoient à des niveaux de complexité différents et de stimulation différents: rester assis pendant des heures à déchiffrer des signes, mots, phrases, idées n'est pas donné à tout le monde ; de l'autre côté, il semble plus accessible de diriger ("incarner" plutôt) le soldat et de tuer tout le monde.
    A contrario il s'avère que les deux subissent une sorte de "démocratisation": des Guillaume Musso insipides à en chier par tonnes ou bien Remember Me, dont le scénar' est signé par A. Damasio; de BHL à Life is Strange ou encore Luc Ferry jusqu'à Gods will be watching, tous nécessitent des codes quasi #cinématographiques (je parle des jeux vidéos hein!) pour les apprécier. En somme, le #savoir prend des formes diverses et variées, et y'en a encore à trouver! :)

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  • Colin
    Colin
    2018-03-28

    @Mika El C'est pas faux au final. Une sorte de plaisir cinéphile. Comme on pourrait kiffer lire "La Disparition" de Perrec sans en avoir entendu parler, mais en appréciant sincèrement les tours de passe-passe littéraire du monsieur.

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  • Miso Soap
    Miso Soap
    2018-03-28

    Ben voilà @Ful garance rejoint grosso modo mon propos.

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  • hopla@framasphere.org
    hopla@framasphere.org
    2018-03-29

    Il y a une différence fondamentale.Regarder un film c'est ne rien maîtriser car le film se déroule et s'impose en continu. Avec un livre on peut arrêter la lecture, réfléchir, revenir à la page précédente.
    Ceci dit il y a bien sûr de bons et mauvais films/livres.

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  • Ful gurance
    Ful gurance
    2018-03-29

    Oui de toutes les oeuvres la lecture des livres est la plus exigeante, sans compter le nombre de techniques diverses & variées qu'on peut employer pour un livre!

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  • Colin
    Colin
    2018-03-29

    Je ne suis pas sûr que les techniques d’écriture d’un livre soient plus diverses et variées que pour un autre medium @Ful gurance… il suffit de regarder les tableaux aujourd’hui, qui précisent sous le titre et le nom de l’auteur la technique utilisée pour réaliser l’œuvre. La frontière entre peinture et sculpture est d’ailleurs très souvent brouillée.
    Il en va de même pour le film ! Bien que le format d’écran et les temps de pellicule se sont extrêmement normalisés pour les besoins du cinéma et de la télé, beaucoup de cinéastes n’hésitent pas à briser les code pour proposer une forme différente de ce qui se fait partout ailleurs, et pas seulement par défi artistique: pour servir aussi leur message.

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  • Colin
    Colin
    2018-03-29

    @hopla@framasphere.org, c’est vrai, c’est une différence fondamentale. J’en parlais hier soir avec mes colocs qui me disaient que même si un film ne leur plaisait pas, ou était un peu trop nul, ils préféraient le regarder jusqu’à la fin, car quelle que soit la qualité du film, il commence et se termine à un moment précis… Contrairement au livre qu’on redoute car il “mange” notre temps, et certaines scènes peuvent nous paraître bien plus longues que d’autres.
    Il y a sûrement de quoi s’interroger avec le phénomène du nanard. Je ne suis pas sûr qu’il existe de livre tellement mauvais qu’il en devienne bon… (personnellement j’ai bien ri en lisant “Philosophie dans le boudoir” du Marquis de Sade, parce que je le trouvait bruyant et sale sans que ce soit efficace, mais je ne sais pas si ça pourrait rentrer dans cette catégorie). Le fait qu’un film se déroule sans aucun effort de la part du spectateur joue sûrement là-dedans.

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  • Ful gurance
    Ful gurance
    2018-03-29

    @Colin Je parlais des techniques de lectures, qui sont plutôt diverses (lecture rapide, lecture approfondie, avec e doigt ou sans, etc.) mais il est vrai qu’au niveau de l’écriture ou de la production, on trouve des façons de faire extrêmement diverses au niveau culturel en général! Je me rappelle un mouvement de cinéma plutôt sympa, (Dogma95) [https://fr.wikipedia.org/wiki/Dogme95]
    lancé par Lars Von Trier :)

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  • Colin
    Colin
    2018-03-29

    @Ful guranceAh oui d'accord j'avais mal compris.
    Même si c'est vrai, je me dis qu'il en va de même pour les reste des medias. Les tableaux par exemple: on imagine que depuis toujours qu'ils sont faits pour être exposés dans un musée, mais le fait est que beaucoup faisaient partie intégrante du mobilier de particuliers, qui s'en servaient pour autre chose que leur qualité esthétique ou leur valeur historique. Le regard, la "technique de lecture", change suivant l’environnement.

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  • Miso Soap
    Miso Soap
    2018-03-29

    Ben, non la peinture n'est pas faite pour les musées pas plus que les bouquins ne sont faits pour les bibliothèques ou les films pour les cinémathèques. La se pose la question patrimoniale et c'est une autre chose. Histoire, mémoire, transmission... qui décide de ce qui reste ? Le débat serait long. Il est certain qu'une certaine liberté "artistique" se perd au profit d'une culture "main stream" cela doit remonter à une certaine époque et un ministère qui s'appelait "ministère des loisirs et du temps libre"si ma mémoire est bonne. Pour ce qui est des loisirs et du temps libre je crains fort qu'on n'en ait pas gagné vraiment, je dirais même qu'on en a plutôt perdu, mais cet état d'esprit à contribué à financiariser "la question des loisirs ou disons la chose"on dit désormais l'industrie culturelle et donc son formatage.

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  • hopla@framasphere.org
    hopla@framasphere.org
    2018-03-29

    Oh que oui ! Formatage des loisirs et du temps libre, formatage des vacances au cours desquelles peu de personnes sont vraiment vacantes, trop occupées à se conformer à des idées reçues, à ce qu'il faut faire ou pas.
    En revenant au film et au livre combien de fois ne lisons nous pas "il faut" voir ou lire ceci, cela. La perte d'autonomie est générale.
    D'ailleurs les parents qui suivent leurs enfants à la trace "téléphonique" refusent que ceux-ci soient autonome (sous le fallacieux prétexte de "savoir" pour leur sécurité). Mais c'est un autre sujet.

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  • Colin
    Colin
    2018-03-29

    J'ai repris le temps de discuter avec ma pote libraire. J'avais mal compris ce qu'elle défendait.

    Bien qu'elle préfère le livre et la lecture, elle ne rejette aucun autre média, que ce soit le film, le jeu vidéo ou tout autre chose.

    Ce qu'elle regrette par contre, c'est que ces mêmes médias sont envahis d’œuvres sans autre volonté que de provoquer dans le spectateur une envie de plus, plus de films, plus d'épisodes, plus de jolies couleurs et de sentiments. La culture populaire est aujourd'hui emprisonnée dans sa propre machine, qui propose des mondes virtuels sans fin, en lecture automatique (Netflix, Youtube)... et en production automatique. Ce n'est pas nouveau, la télévision a très vite voulu diffuser H24, et proposer du nouveau contenu chaque jour dans ces conditions demande de nouvelles méthodes de création qui tuent forcément un peu le caractère subversif de chaque œuvre. Il a fallu créer vite et bien. Et par effet de style, parce que ça plaisait, parce que c'était rentable, la méthode a servi de modèle, et nous sommes aujourd'hui noyés sous ces produits.

    Elle admet cependant qu'elle aimerait voir plus de monde lire des livres, car c'est un medium au rythme profondément humain. Dans un monde ou la vitesse et la performance sont élevées au rang de valeur, le livre ne juge pas et n'impose pas. Il se lit à la vitesse que le lecteur décide. Il peut prendre des pauses, s'arrêter en pleine phrase, tout lire en deux jours ou prendre plusieurs années pour finir le dernier chapitre.
    De plus, la littérature a toujours collé à son statut de média snob et élitiste. Si cela l'a au moins en partie préservé du flot d’œuvres insipides dont je parlais plus haut, ce statut lui cause aujourd'hui du tort, car amener de nouvelles personnes à lire est difficile, et encore plus quand on a l'image de longs et laborieux pavés remplies d'inepties incompréhensibles écrites par de vieux monsieur blancs et riches. Et c'est bien dommage lorsque, comme elle, on constate quotidiennement que ce n'est pas le cas.

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